L'éditrice

La bêtise des hommes (dans Rocourt - notre quartier - n° 72, 2014)

La bêtise des hommes


Dès les sept heures du matin, le bruit lancinant des tronçonneuses et le vacarme des tracteurs et autres engins de destruction.

L’homme abat un rideau d’arbres qui brisait ma vue sur une certaine civilisation et préservait la tranquillité d’un enclos de végétation.

Je ressens la souffrance de mes amis les arbres mais j’assiste, impuissante, à leur agonie.

Un geste pour préserver leur âme, la prolonger aux yeux du monde.

Quelques lignes en souvenir de la majesté de cette haie de peupliers d’Italie cinquantenaires qui, renseignements pris, sont dangereux depuis que la dernière tempête a couché certains d’entre eux sur leurs congénères.

Le champ qu’ils bordent appartient à un fermier qui, en bon père de famille, prend les dispositions afin d’éviter tout danger.

Qui de l’homme ou de l’arbre est-il le plus dangereux ?

Je me posais déjà la question, lorsqu’il y a 3 ans, j’ai vécu quelques mois au Val Saint Lambert.

Lors d’une promenade, une dame s’était plainte du larmoiement des arbres sur les carrosseries de voiture et que l’un d’eux, en tombant, aurait pu tuer quelqu’un.

Je m’étais demandée «  lequel de l’homme ou de l’arbre tuait le plus ».

Avant, je pleurais lorsqu’on abattait un arbre. Maintenant, je ressens.

 

Il est temps que l’homme prenne conscience qu’il détruit la Terre-Mère par ses excès sur la nature et autres polluants ; déclenchant des tempêtes dont les conséquences, en retour, détruisent les poumons verts de l’homme.

J’espère juste qu’il est encore temps et que l’adjectif humain a encore sa raison d’Être.

 

 

 

©Brigitte M.G. Dumont, 26 août 2014